S'y mettre au lieu de repousser !
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Chacun remet de temps en temps quelque chose de désagréable à plus tard. Il n’y a là rien de grave. Mais cela devient problématique quand on néglige d’importantes tâches à cause de cela. Comment reprendre votre quotidien professionnel en main.D’abord fumer une clope. Tailler le crayon. Aller en vitesse à la machine à café. Maintenant, on s’y met... – oh, un nouveau mail ! Vous connaissez, non ? Pas de souci, vous êtes en bonne santé. Un peu inefficace, peut-être, mais en bonne santé.
C’est parfois tout simplement humain
« La 'repoussite' est humaine jusqu’à un certain point », nous dit Ivan Blatter, conseiller pour le travail productif dans la région de Bâle, en Suisse. Chacun repousse de temps en temps les choses désagréables - par exemple ranger, ou se lever le matin : on aime bien appuyer une ou deux fois sur la touche sommeil du réveil. Cela ne devient problématique que lorsque l’on repousse sans cesse, lorsque l’on n’est plus en mesure de travailler.
« Repousser de façon chronique est un type de comportement, une perturbation du comportement », explique Hans-Werner Rückert, psychanalyste à l’université de Berlin. Elle peut survenir en tant que symptôme d’une maladie psychique, par exemple d’une dépression. Mais le fait de repousser quelque chose peut aussi être une forme de dérangement propre - appelée procrastination par les spécialistes.
Le mode panique et les perfectionnistes
Selon une enquête réalisée par le Procrastination Research Group, 14 % des personnes interrogées dans le monde entier repoussent leurs tâches car cela leur donne une poussée d’adrénaline particulière. Ils travaillent en « mode panique » : tout au dernier moment - et ils aiment ça. En revanche, 15 % le font pour éviter des sentiments désagréables liés à la tâche - par exemple la peur.
Les causes de la procrastination sont variées : la structure de la personnalité peut jouer un rôle - un perfectionniste est plus sujet à cela que quelqu’un qui n’y regarde pas de trop près. On tend aussi à repousser lorsque l’on n’agit pas quand un problème apparaît, mais que l’on cherche des coupables - ou la faute chez soi. Mais une autre cause peut également être des méthodes de travail non appropriées, ou bien un manque de capacité à se 'manager soi-même'.
Beaucoup de raisons - rarement de la paresse
« Celui qui n’a jamais appris à planifier de façon efficiente, à diviser les tâches en sous-tâches et à évaluer le besoin en temps de manière réaliste tend plus à repousser », nous dit Blatter. Mais cela n’a rien à voir avec de la commodité ou de la paresse, bien au contraire. La personne concernée aimerait travailler et être productif, mais elle est bloquée ou se met elle-même trop fortement sous pression. »
Les conséquences en sont la frustration, la mauvaise conscience, une confiance en soi en chute libre. « Les retardataires chroniques évitent leurs tâches d’origine en s’occupant d’autres choses », confirme Rückert. Certains se déguisent en « workaholics » - en drogués du travail : ils commencent continuellement de nouveaux projets mais n’en finissent aucun.
Cela peut arriver à tout le monde
Que l’on soit homme ou femme, riche ou pauvre : cela peut arriver à tout le monde. « On repousse plus facilement une tâche quand il existe des espaces libres - quand on peut décider soi-même de quand et comment je travaille - par exemple chez les étudiants ou les travailleurs indépendants », explique Rückert.
Cela s’observe aussi chez les écoliers - quand le fait de faire ses devoirs de façon indépendante n’est ni encouragé ni récompensé par les parents. Ou quand l’école ne donne que des devoirs à court terme - l’enfant n’apprend pas à s’organiser et se motiver lui-même sur un long espace de temps.
Que faire ?
Et chez les chefs ? « Tout en haut de la hiérarchie, il y a quelqu’un qui prend les rendez-vous pour vous - vous n’avez plus qu’à y aller », nous dit Rückert. C’est surtout l’étage du management moyen qui est concerné, tiraillé entre l’obéissance et l’insubordination, où peurs et bravades sont en jeu, où chaque conflit peut nuire à la carrière.
Que peut-on faire ? « On peut maîtriser soi-même la 'repousse' quotidienne », nous-dit Blatter.
Par exemple à l’aide de techniques de relaxation, mais aussi grâce à un meilleur management de soi.
« Faites du ménage ! », conseille Barbara Rüttimann, conseillère Feng-Shui à Rüschlikon. Trop de tâches non faites produisent une humeur accablante. Cela coûte de l’énergie, cela paralyse, la motivation tombe, on en laisse traîner de plus en plus - le cercle vicieux classique. « Procurez-vous une vue d’ensemble et faites une liste de ce dont vous voulez vous débarasser. « Et l’on fait de cette liste un compagnon de route.
Aide et aide à soi-même
Du point de vue du psychanalyste, on ne peut échapper au fait de se pencher sur sa tendance à repousser. De quoi ai-je peur ? Quels sont les conflits en jeu ? Pourquoi est-ce que je me punis avec un manque de succès ? Rückert explique : « Découvrez les circonstances qui vous poussent à repousser et de quelle manière vous vous récompensez immédiatement. » On peut s’aider en partie soi-même. Mais celui qui repousse de façon chronique des tâches importantes et qui en souffre devrait consulter un psychothérapeute compétent.
(VS, 2009 )

